Le châtaignier

L'arbre  (castanea famille des fagacées)                        RETOUR ACCUEIL

Voilà un arbre aux multiples ressources, l'arbre à pain, arbre nourricier par son fruit la châtaigne appeler autrefois en Limousin le pain de bois. 

Il est difficile d'admettre de nos jours, qu'autrefois l'homme et le châtaignier cohabitaient dans tous les terroirs où le blé ne pouvait pas pousser.

Il doit attendre 20 années pour atteindre sa maturité et peut vivre plus de mille ans.

Le châtaignier, il y a 200 ans était le seul arbre fruitier à produire durablement et régulièrement un fruit qui pouvait se conserver en farine d'une récolte à l'autre et entier jusqu'en février. Il fallait pour arriver à cette performance utiliser la technique du « trempage ». Cela consiste à baigner les châtaignes fraîchement ramassées pendant quelques jours dans de l'eau, tout ce qui flotte ou qui remonte est éliminé (les véreuses et les pourries). Le fruit hydraté garde pendant tous les mois d'hiver une bonne qualité gustative. Les châtaignes bouillies, rôties, en soupe, en dessert ont nourri et préservé de la famine de nombreuses populations paysannes, avant que la pomme de terre ne fut introduite, acceptée et cultivée.

 
Son histoire

Le châtaignier a marqué les esprits et jouit encore d'une vive gratitude affective dans les mémoires bretonnes, corses, limousines et cévenoles. Son bois à la particularité d'être imputrescible. Il est tout indiqué pour la construction navale, l'ébénisterie, le parquetage, la tonnellerie. Les charpentiers l'utilisent avec intérêt car les insectes xylophages ne s'y introduisent pas. On extrait de ses buches des tanins utilisés dans la transformation des peaux.

Autrefois les « feuillardiers » du Limousin exploitaient les rejets qui s'érigent drus autour des souches des arbres matures abattus.
Le feuillard a longuement été utilisé en tonnellerie pour enserrer les douelles formant les tonneaux.

Vers 1800 sa répartition géographique couvrait les ¾ des départements de l'hexagone sur les terroirs appropriés dont le sol est légèrement acide.

châtaignierPhotos D Ermolli
Marigoule

Sa culture et ses aléas
C'est à la fin du 19e siècle que le châtaignier «  Castanea sativa » seul espèce endémique de l'Europe a été concurrencé par une espèce japonaise le «  Castanea crenata » reconnaissable par le bout de ses rameaux très flexibles mais cassant et par ses feuilles allongées ne portant pas de dentures. Cette espèce résistante à la maladie de l'encre se présentait comme salvatrice pour les producteurs de châtaignes dont les châtaigneraies étaient décimées.

Mais assez gourmande en eau, elle ne s'est pas acclimatée en Limousin, ni en Ardèche , ni en Bretagne sauf au pays Basque où les pluies estivales fréquentes et abondantes correspondaient aux précipitations des montagnes volcaniques de son terroir d'origine asiatique.

On rapporte qu'autrefois, les plus beaux sujets se trouvaient tout près des villages et les rares châtaigniers greffés qui produisaient les très recherchés « marrons » étaient plantés à coté des maisons afin que l'aboiement des chiens dissuadent les maraudeurs.


<<  Variété M15 Marigoule

 Elevage de Porc et Gastronomie

La viande des porcs dont « la finition a été faite aux châtaignes » possède une texture et une saveur incomparable. L'engraissement commence en octobre pour que le gras du lard blanc comme de l'ivoire soit épais comme deux doigts au moment où arrive le sacrifice pour Noël.

Ces races dont l'aptitude était de « faire du gras » sont en voie de disparition parce que peu compatible avec la diète actuelle.

Quelques races locales sont protégées par des passionnés qui tentent de les sauvegarder.


Photo H Fourey

châtaigne

Sa floraison
Dédut de floraison
Chatons mâles en début de floraison _ Photos M Gauthier.
châtaigne
  Chatons mâles en fin de floraison _ Photos H Fourey.
Chatons androgynes

châtaigne

Le fruit

Châtaigne
Photo Y Rainisio

châtaigne
Photo H Fourey

marron de Lyon
 Marron de Lyon _ Photo Y Rainisio

Valeur nutritive de la châtaigne

Sa composition comprend essentiellement des sucres:  glucose, fructose saccharose, maltose et de l'amidon de nature glucidique à assimilation lente, le carburant « privilégié pour les muscles « . Des sels minéraux et oligo-éléments accompagnent les fibres cellulosiques contenus dans une chair savoureuse. Beaucoup plus riche que le blé en protéines et en acides aminés; sa farine est par contre exempte de gluten ce qui ne lui permet pas de lever.

Auteur  : Claude Ollivier      Texte publié dans le Magazine le Républicain de l' Essonne    le 14 Septembre 2009, sous la rubrique Jardin.
Note du rédacteur:   Ce texte est largement inspiré de l'ouvrage récent de Michel Gauthier " Le Châtaignier" N° 3 des Carnets du Croqueur de Pommes
RETOUR ACCUEIL  

Photos  Yves Rainisio , M Gauthier,  H Fourey et Daniel Ermolli    09/2009           Tous droits  réservés           Page précédente : Le Mois de Mai